Comprendre

« Des gens travaillent réellement sur le sujet du changement climatique, il pourrait donc s’agir d’un élan. Cela pourrait faire la différence. C’est comme le début.
Ce n’est que le début, mais au moins il y a un début.”
– Héloïse Lesimple, The Shift Project

Les activités culturelles ont un impact environnemental
significatif, connu sous le nom d’ « empreinte carbone culturelle ».

Cette empreinte découle de facteurs tels que la construction des lieux, la consommation d’énergie et le transport des artistes et du public, en particulier les voyages en avion. Les émissions proviennent également de l’éclairage, du chauffage et de la climatisation, qui utilisent souvent des combustibles fossiles. Le matériel promotionnel et la production de costumes contribuent également aux émissions de carbone.
Le rapport de Novembre 2021 du Shift Project, « Décarbonons la Culture », souligne le rôle de la culture dans la réduction de 80 % des émissions de gaz à effet de serre. Il souligne l’importance de l’éducation et des changements politiques.©️ 

“Nous avons grandi dans un monde où nous pensions que l’énergie était gratuite et infinie. Avec le changement climatique, il y a vraiment une nouvelle approche pour comprendre qu’il y a un problème de consommation d’énergie et que l’énergie n’est pas en fait une source infinie.”
– Héloïse Lesimple, The Shift Project

Les activités culturelles, qui vont des expositions d’art aux concerts de musique en passant par les représentations théâtrales et les festivals de cinéma, ont un impact écologique considérable. Cet impact, souvent appelé « empreinte carbone culturelle », englobe les émissions générées par ces activités. Ces émissions résultent de divers facteurs au sein du secteur culturel, notamment la construction et l’entretien des lieux culturels, qui impliquent une consommation d’énergie et des émissions considérables. Les matériaux utilisés, le transport des matériaux de construction et l’énergie nécessaire au fonctionnement de ces lieux contribuent collectivement aux émissions de CO2.

Le transport des artistes et du public implique souvent des déplacements sur de longues distances, ce qui peut entraîner des émissions de carbone élevées, en particulier lorsqu’il s’agit de voyages en avion.
L’énergie consommée pendant les événements culturels, notamment l’éclairage, le chauffage et la climatisation, peut être une source importante d’émissions. Les sources d’énergie traditionnelles, comme les combustibles fossiles, sont encore couramment utilisées, ce qui contribue à l’empreinte carbone du secteur.
La production de matériel promotionnel, d’accessoires et de costumes entraîne également des émissions de carbone. L’extraction des matières premières, la fabrication et le transport jouent tous un rôle dans cet aspect de l’empreinte carbone culturelle.

Quel est l’impact écologique des activités
culturelles ? Quelles sont les principales sources d’émissions de CO2 ? En quoi la culture est-elle menacée par le changement climatique ?

Dans le cadre de la recherche permanente de solutions aux problèmes posés par le changement climatique, aucun
aspect de notre vie ne doit être négligé.
Nous nous sommes penchés sur le monde de la culture et son empreinte environnementale. La séance inaugurale du deuxième chapitre de LeCake, intitulée « Décarboniser la culture », nous a permis d’être éclairer Héloïse Lesimple,
responsable du projet d’affaires publiques de The Shift
Project, sur l’impact écologique des activités culturelles. 

 

Rapport : Décarbonons la Culture – The Shift Project – 30 Nov 2021

Héloïse Lesimple a présenté le rapport Décarbonons la Culture du Shift Project. Ce rapport a été publié en novembre 2021, avec pour objectif principal de souligner le rôle critique de la culture dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre de 80%. Le rapport met l’accent sur deux aspects fondamentaux : l’éducation et les changements politiques. Pour réaliser des progrès substantiels en matière de réduction des émissions dans le secteur culturel, il est essentiel de bien comprendre le rôle de l’énergie, le changement climatique et les défis qui y sont associés. En outre, des politiques fortes et ambitieuses et des efforts collectifs sont nécessaires pour conduire un changement significatif.

« Pour changer le secteur culturel, nous avons besoin de stratégies fortes. Nous avons besoin d’une stratégie ambitieuse. C’est pourquoi nous devons faire du lobbying.
C’est ce que The Shift essaie de faire ».
– Héloïse Lesimple, The Shift Project

1- Éducation : comprendre l’énergie et le changement climatique
L’une des premières étapes vers un secteur culturel durable est une éducation globale. Les personnes travaillant dans le secteur culturel doivent comprendre l’importance de l’énergie, son rôle central dans notre mode de vie et son impact sur notre bien-être économique. Il est tout aussi important de comprendre les complexités du changement climatique et les raisons pour lesquelles il constitue un grave problème. Pour combler ce déficit de connaissances, il est recommandé de mettre en place des
programmes de formation continue afin de s’assurer que tous les acteurs du secteur culturel comprennent ces concepts essentiels.

2- Changements de politique : le rôle des institutions publiques
Les efforts individuels ne peuvent à eux seuls permettre d’atteindre la réduction souhaitée des émissions de gaz à effet de serre. Les autorités publiques doivent jouer un rôle de premier plan en mettant en œuvre des politiques ambitieuses, notamment des systèmes d’étiquetage, des options de financement et des mesures d’incitation. Ces politiques sont essentielles pour conduire les industries culturelles et créatives d’Europe et d’ailleurs vers la durabilité. Sans un soutien stratégique fort, seuls
quelques petits acteurs s’efforceront d’atteindre la durabilité, tandis que le secteur dans son ensemble restera inchangé.

3- Le lobbying et le Pacte Vert Européen
Les efforts de lobbying sont essentiels pour faire avancer les programmes de durabilité dans le secteur culturel. Le Pacte Vert Européen constitue une force motrice importante pour le changement, inspirant d’autres pays européens à suivre l’exemple.
En défendant des politiques audacieuses et en mettant l’accent sur la durabilité à plus grande échelle, le secteur culturel peut s’aligner sur les objectifs plus larges de l’Union européenne et contribuer à un avenir plus vert.

4 – Principales dynamiques de changement
Le rapport identifie cinq dynamiques clés pour atteindre la soutenabilité dans le secteur culturel :

La première consiste à relocaliser les activités, en encourageant l’utilisation de ressources locales, telles que la restauration et les travailleurs locaux, afin de stimuler l’économie locale et de réduire l’empreinte carbone associée aux événements culturels. Ensuite, ralentir : reconnaître la nécessité de ralentir le rythme des activités culturelles pour s’aligner sur les pratiques durables. Réduire le nombre de voyages et opter pour des séjours plus longs peut réduire considérablement les émissions. Troisièmement, réduire l’échelle : promouvoir les petits événements culturels localisés plutôt que les grands rassemblements internationaux, car ils sont plus durables et moins gourmands en ressources. Enfin, il faut renoncer à certaines pratiques à forte teneur en carbone déjà utilisées et à certaines possibilités technologiques à forte teneur carbone.

Quelle est notre conclusion ?


Comprendre l’impact écologique des activités culturelles est une étape essentielle dans la lutte contre le changement
climatique. Comme l’a souligné la présentation d’Héloïse Lesimple, le secteur culturel génère d’importantes émissions de CO2 par le biais de divers canaux. Il est donc impératif que les institutions et les professionnels de la culture adoptent des pratiques durables et minimisent leur empreinte carbone. En outre, la culture n’est pas à l’abri des effets du changement climatique, le
patrimoine, les pratiques et les événements culturels étant menacés. En reconnaissant cette interdépendance entre la culture et l’environnement, la société peut œuvrer à la préservation et à l’adaptation des traditions culturelles face à un climat changeant.